Jean Giono, l’homme qui donnait envie d’aller planter des arbres…

L_Homme_qui_plantait_des_arbres_10Elzéard Bouffier. Le nom de ce personnage fictif ne vous évoque rien ? Il a pourtant fait couler beaucoup d’encre lorsque l’on pensait que le récit de Jean Giono était bien réel. L’homme qui plantait des arbres a été originellement écrit pour répondre à une commande du Reader’s Digest, un  magazine américain, et est paru en 1954.

C’est une nouvelle envoûtante qui a séduit plus d’une génération de lecteurs (et d’écologistes). Elle raconte l’histoire d’Elzéard Bouffier, un berger solitaire de Provence qui, constatant que les problèmes de la région étaient dus au manque d’arbres, décide d’occuper ses journées à en replanter. En se fiant à ses expériences, ses observations et au bon sens paysan, il va réussir un véritable tour de force avec la reconquête de dizaines de kilomètres carrés de forêts en l’espace de plusieurs décennies. À sa mort, le paysage de désolation qui rendait la vie si difficile a laissé place à un endroit où il fait bon vivre.

L’homme qui plantait des arbres est un modèle de ténacité, de persévérance et de générosité sans faille. C’est l’histoire d’un homme qui ne s’est même pas posé la question de savoir si la tâche était trop ardue pour être réalisable, et s’est rapidement mis au travail pour le changement : comme disait Marcel Pagnol, « tout le monde savait que c’était impossible. Il est venu un imbécile qui ne le savait pas et qui l’a fait ». Il est question d’altruisme (le berger ne plante pas les arbres dans son propre intérêt), d’hospitalité, du refus de se résigner (il ignore ses échecs ainsi que les atteintes à sa production). On a affaire à un homme digne et sain d’esprit : malgré sa solitude et son silence, il ne vit pas comme un sauvage ; et à un homme humble qui agit à son échelle, autrement dit qui fait « sa part du colibri ». Après lecture, ce conte parabolique suscite des interrogations. Par exemple, on peut se demander si à notre tour, on ne pourrait pas planter des arbres à notre façon à travers nos actes du quotidien.

Si vous avez envie de découvrir cette œuvre, vous pouvez facilement vous la procurer sur Internet ou mieux encore, chez votre libraire préféré. À défaut, vous pouvez toujours vous laisser tenter par la majestueuse adaptation de Frédéric Back (1987), délicieusement narrée par Philippe Noiret. L’univers imaginé par Giono est restitué dans un dessin animé d’une demi-heure environ. Bon visionnage !

Image : Jean Gagnon