De l’avenir du livre face à la montée en puissance des lecteurs électroniques

Ces dernières années, l’arrivée en masse de supports de lecture de documents numériques tels que l’iPad d’Apple ou le Kindle d’Amazon ont marqué le début de la démocratisation du livre électronique.
Cela n’est pas sans susciter de nombreuses interrogations quant à l’avenir du format papier : qu’adviendra-t-il des imprimeries ? Des librairies ? Seront-elles un jour obligées de mettre la clé sous la porte ?

« Tout livre brûlé illumine le monde » Ralph Waldo Emerson

La presse est de plus en plus présente sur le web, en proposant davantage d’informations, en se diffusant mieux grâce aux réseaux sociaux, et en étant édité en temps réel et à coût moindre. Quand au livre, il est maintenant disponible à la fois en version classique, mais aussi dans sa version numérique.

Le livre, énergiquement autonome, a une odeur bien propre lorsqu’il est neuf, et est agréable au touché. Il ne chauffe pas, s’offre, peut éventuellement prendre de la valeur en vieillissant, est moins fatiguant visuellement, permet de mieux assimiler les informations, n’a pas de DRM, et est un gage de confiance quand on le prête. Une bibliothèque est parfois considérée comme l’âme d’une maison, alors que le fait de posséder 5000 livres en mémoire sur son iPad est moins flatteur. Les bibliothèques publiques sont un endroit convivial où l’on peut éventuellement rencontrer des gens partageant notre intérêt, tandis qu’avec une liseuse on reste sagement dans son coin.

En ce qui concerne les liseuses, les possibilités ne sont pas moins encourageantes. Ainsi, l’accessibilité est bien meilleure (il est possible d’agrandir la page, de se faire lire un texte, d’avoir une traduction de certains passages…), on reçoit une commande instantanément et sans frais de port. On peut faire rectifier des erreurs dans le livre, lancer des recherches par mots-clés, consulter les documents complémentaires à une œuvre, emporter sa collection avec soi, faire des sauvegardes, retrouver des ouvrages très rares, annoter plus facilement des passages, avoir des suggestions de lecture… Les livres électroniques peuvent également mieux résister au temps, à condition d’allumer son support de temps en temps pour ne pas subir des fuites de mémoire. Enfin et surtout, à moins d’un virus destructeur ou d’une situation apocalyptique, les livres électroniques ne craignent pas les autodafés.

En revanche, on est malheureusement dépendant de la machine, ce qui n’est pas pratique si on aime se déconnecter plusieurs semaines par an, et à long terme, la liseuse est sûrement moins écologique que le livre.

« Ceci… est une révolution » Gutenberg, années 1450.

Ainsi, de nos jours, même si l’on essaye de réduire peu à peu son utilisation, le format papier reste profondément ancré dans les mœurs. Dans quelques décennies, face à la dématérialisation progressive des journaux et des livres, les générations d’enfants qui grandiront avec accepteront mieux ce nouveau format. En attendant, je pense que les imprimeries ont encore de beaux jours devant elles, l’ère du papier étant indéniablement loin d’être terminée. Les foyers ne sont pas encore prêts à abandonner un support qu’on utilise depuis des siècles, pour un autre encore nouveau, (même s’ils possèderont probablement une liseuse en plus). Et puis, il faut aussi que les ressources nécessaires à la fabrication des composants de ces appareils ne se tarissent pas, mais ça c’est une autre histoire…

Pour ma part, je lis plusieurs livres par semaine en fonction de mon temps libre. Je ne possède personnellement pas de liseuses, parce que j’apprécie le fait de rester loin de mes écrans, et pour toutes les autres raisons que j’ai évoqué ci-dessus en faveur du format papier. Même si cela tend à s’améliorer, je trouve la lecture sur liseuse inconfortable, et peu propice à un temps de lecture rallongé.

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