Hashtag Darfimbabwour

« Chaque jour, des centaines d’enfants meurent de faim. Comment sauver le Darfimbabwour, en proie à la famine et bientôt à BHL ? »

Sous l’angle médiatique et derrière une réalisation exemplaire, Ambroise Carminati livre une critique intelligente et sans illusion d’une société malade où « l’enfer est pavé de bonnes intentions » .

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De la nécessité de relativiser les réseaux sociaux en ligne

Je ne vous apprends rien : nous évoluons dans un monde ultra-connecté où plus d’un milliard d’humains utilisent régulièrement des réseaux sociaux, en grande partie par le biais de leur téléphone portable. En soit, c’est une bonne chose, puisque cela permet de prendre plus facilement des nouvelles de ses proches et de renouer le contact avec des connaissances perdues de vue.
Au-delà de la question des données personnelles livrées en pâture aux fournisseurs de services, il semble nécessaire de s’interroger sur l’influence des réseaux sociaux dans la vie quotidienne compte tenu du détournement de réalité qu’ils peuvent induire chez certains utilisateurs. La situation est résumée ci-dessus dans le court-métrage de Victor Habchy, Démarrer – Arrêter (l’aventure moderne) (2015).

Nous vivons trop par procuration, jalousant la situation (présumée) confortable d’un « ami » parti en vacances, sa nouvelle maison, sa superbe voiture, sa charmante compagne ou son adorable nouveau-né. En soirée, on passe davantage de temps à partager des selfies en se laissant déranger par les notifications plutôt qu’à profiter pleinement de l’instant présent. En fait, on n’a plus grand chose à se dire, puisque tout est résumé dans un profil en ligne. L’essentiel comme le futile. Consciemment ou non, l’existence devient insipide. Perdre pied à ce point avec la vie peut coûter cher, car se comparer sans cesse aux autres est une activité chronophage (et parfois voyeuriste) qui peut gravement attenter à l’estime de soi.

Il existe des témoignages de personnes qui ont abandonné Internet de manière générale suite à un burn-out causé par une activité en ligne trop intense. C’est le cas de Thierry Crouzet qui raconte ses six mois d’abstinence dans le livre J’ai débranché : Comment revivre sans internet après une overdose (2012), et du journaliste Paul Miller qui a quant à lui tenté l’expérience sur une année entière.
Pour éviter de passer d’un extrême à un autre, mieux vaut donc apprendre à modérer et relativiser son existence virtuelle, afin de préserver sa santé et de ne pas devenir l’esclave d’outils de communication pourtant formidables.

victorhabchy.com
Voir aussi : Black Mirror ; Stromae – Carmen.

Les consommateurs, des dindons de la farce qui s’ignorent ?

Après le documentaire consacré au temps de cerveau disponible, en voici un autre tout aussi scandaleux, « consommateurs pris au piège » (2012) réalisé par Emmanuelle Ménage pour le Doc du dimanche (France 5).

Il s’agit d’un passage en revue des stratagèmes employés par les industriels et la grande distribution pour stimuler le consommateur et le pousser à réaliser des achats compulsifs. L’arsenal de manipulation marketing joue notamment de la frustration du client, de l’attractivité artificielle des magasins, ou encore d’un atmosphère sonore et olfactif pour favoriser l’immersion.
Le neuromarketing a également le vent en poupe, puisqu’il sonde l’esprit irrationnel des consommateurs pour les cibler personnellement. C’est ainsi que l’on fabrique des chips dont les ingrédients et le croustillant sont savamment étudiés pour susciter l’addiction.
L’écoblanchiment (greenwashing) n’est pas oublié non plus, puisque le documentaire présente une marque vestimentaire qui se veut au premier abord écologiquement responsable, mais qui transporte malgré tout sa marchandise sur des milliers de kilomètres pour la faire réparer ou recycler. Pourtant, sa situation économique florissante ne semblait pas faire obstacle à l’ouverture d’ateliers de réparation locaux.

Consommateurs pris au piège est intéressant dans la mesure où il peut favoriser chez l’individu lambda une prise de conscience de la manipulation dont il fait l’objet. Ce peut être un bon point de départ pour être plus vigilant aux prochaines courses, pour se poser des questions sur ses envies irrépressibles, et pourquoi pas, pour s’informer sur les solutions alternatives.
Cependant, il est tout à fait regrettable que le documentaire n’ose pas aller trop loin dans son enquête en omettant un élément essentiel : à quoi tout cela sert ? Une véritable réflexion de fond sur le dogme de la croissance aurait été plus constructive.