Breaking Bad : dernier bilan avant la fin

Nouvelle image de la seconde partie de la saison 5 (AMC)C’est officiel : la série Breaking Bad sera de retour dès le 11 août prochain pour la dernière ligne droite. Si les fans n’ont jamais attendu avec autant d’impatience la fin de l’été, cette pause interminable aura eu le mérite de laisser le temps aux scénaristes de mettre au point le scénario idéal. Le moment est venu de conclure ce récit qui dure depuis cinq saisons déjà. Après avoir été les témoins de la transformation spectaculaire de Walter White, professeur de chimie désabusé, en Heisenberg, criminel de haut vol et meilleur fabricant de méthamphétamine du continent, nous allons désormais assister à son inéluctable et douloureuse chute.

« You know the business and I know the chemistery. I’m thinking… maybe you and I could partner up » (Breaking Bad, saison 1 épisode 1)

Tout le monde a des attentes en ce qui concerne ces huit épisodes. Pour ma part je n’ai jamais été déçu par quoi que ce soit dans cette série, et je n’ai aucune idée de ce que nous réservent ces huit derniers épisodes. Walt va-t-il mourir de son cancer ou être abattu ? Que va devenir sa famille ? Et Jesse ? Quelle terrible décision Hank va-t-il choisir ? Comment va-t-il traquer son beau-frère, alors que celui-ci raccroche ? Tout ce que l’on sait, c’est qu’à un moment donné Walt va prendre la fuite, et que la série va se terminer par un « final en apothéose », loin du happy-end.

J’aimerai en savoir plus sur les raisons exactes qui ont poussé Walt à quitter la prometteuse société Gray Matter pour une poignée de dollars (un cliffhanger sur cette scène dans le pré-générique du dernier épisode serait parfait), car sans cela la série n’aurait pas eu tant d’intérêt. Aussi, Walter a beaucoup de choses à avouer à Jesse, il va probablement passer aux aveux lorsqu’il n’aura plus rien à perdre. En tout cas je l’espère. L’ambiance pourrait bien être apocalyptique à ce moment-là.

The Ecstasy of Gold (hommage)

Pour le reste, je ne me fais pas de soucis. Advienne que pourra. Les scénaristes ont fait vivre des personnages très différents en tenant compte de leur propre univers, et n’ont eu aucune difficulté à faire appel à notre empathie de téléspectateur. Bien sûr, le charisme et le talent de leur interprète y sont pour quelque chose. D’ailleurs, un spin-off entièrement consacré à Saul Goodman (Bob Odenkirk), l’avocat corrompu, est sérieusement envisagé.

Mais un bon pilote n’est rien sans une bonne voiture. En toute cohérence, d’autres détails ont été soignés. Les protagonistes furent valorisés grâce à un rythme maîtrisé et des paysages radieux, un décor et une photographie aux petits oignons, un accompagnement musical plein de perles rares, des détails chargés de signification, et surtout un véritable sens du suspense.

« I am in the empire business » (Breaking Bad, saison 5 épisode 6)

Riche à tout point de vue, Breaking Bad dénote un goût prononcé pour l’excellence de la part de Vince Gilligan. Pas une niaiserie ne vient perturber le fil conducteur. Il aura fallu beaucoup de rigueur et d’imagination pour tendre vers la perfection et proposer une histoire réaliste, mais le résultat est là, constamment impeccable. Avec subtilité, elle suggère une critique cinglante de la drogue et du capitalisme, en osant l’humour lorsque le contexte ne s’y prête gère. Du grand art ! Je n’avais jamais vu de série comparable auparavant, et c’est pour cela que j’ai été bouleversé en la regardant. D’une traite.

Souhaitons bonne chance à Vince Gilligan pour marquer le point final de cette oeuvre magistrale, et pour le reste de sa carrière, définitivement bien lancée.

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