Bande Dessinée
Les Gouttes de Dieu
9/10/11
Vous savez certainement que le pays du Soleil levant accorde une place importante dans sa culture aux mangas, mais aussi au vin. Un jour, Tadashi Agi et Shu Okimoto se sont associés pour réunir ces deux ingrédients dans une seule œuvre, les Gouttes de Dieu. Et ça fonctionne : plusieurs millions d’exemplaires vendus à travers le monde, 29 volumes déjà parus en version originale, et cerise sur le gâteau, l’honneur d’être considéré comme le meilleur livre au monde sur le vin au Gourmand World Cookbook Awards 2009. Honnêtement je n’ai jamais vraiment aimé les mangas, à cette exception où j’ai immédiatement accroché à l’histoire. Je me devais donc d’en parler ici.
« Maître Kanzaki a décrit 12 grands vins choisis par ses soins, ainsi qu’un treizième, son vin idéal, qu’il a appelé les « Gouttes de Dieu ». »
Tout commence lorsque disparaît un éminent œnologue nippon, Yutaka Kanzaki, laissant derrière lui une gigantesque collection de vins. Le problème, c’est qu’il ne souhaite pas que celle-ci termine entre les mains de son fils Shizuku, qui n’a jamais eu d’intérêt pour cette boisson. Une semaine avant sa mort il va alors adopter Issei Tomine, un jeune œnologue reconnu. Ainsi, les deux frères vont être provoqués en duel pendant une année, dans laquelle ils devront se lancer sur les traces de douze apôtres (des vins de grands crus) ainsi que le plus grand de tous, les fameuses gouttes de Dieu. Celui qui triomphera sera désigné comme l’héritier de maître Kanzaki. Shizuku ne partira pas désarmé, et comprendra rapidement que son père l’avait formé depuis toujours à apprécier le monde merveilleux du vin. On n’échappe pas à son destin.
En recherchant les apôtres, Shizuku et Issei vont faire face à de nombreuses (parfois périlleuses) épreuves, qui les mettront sur la piste du précieux sésame. Ils pourront compter sur l’aide de leurs amis, leurs collègues et leurs rencontres inattendues pour mener à bien leur quête. Ils voyageront aux quatre coins de la planète, à la découverte de vins pas seulement français, mais aussi allemands, italiens, japonais ou encore néo-zélandais. Vous en saurez plus sur les grands noms du vin, vous enrichirez votre vocabulaire technique et vos connaissances de l’histoire des vignobles, vous comprendrez les différences qui expliquent la nature d’un vin, son prix, la meilleure façon de le déguster… Et bien entendu, vous saurez ce que représentent les 12 apôtres.
« Un corps où l’on sent une touche de café fumé, on dirait… une nuit d’été à Madrid… »
Les Gouttes de Dieu, c’est une œuvre qui se veut à la fois instructive et divertissante. Depuis un bon bout de temps j’ai de plus en plus d’intérêt pour le vin, et j’ai enfin trouvé la meilleure approche pour me lancer. Même s’il est arrivé que certains tomes soient moins passionnants que d’autres, je n’ai pas eu le sentiment de perdre mon temps en le lisant, au contraire. Surtout qu’à la fin de chaque ouvrage se trouve un petit manuel qui complétera de façon plus didactique ce qu’il n’a pas été possible d’inclure dans le scénario. Nous ne sommes qu’à mi-chemin de l’aventure, mais je n’ai qu’une seule hâte : voir ce que les deux auteurs nous réservent. Indépendamment de cela, ce qui m’a frappé en refermant le premier tome, c’est que des Japonais m’apprennent des choses sur les produits du terroir de mon propre pays. Et les spécialistes s’accordent sur ce point : ils le font plutôt bien. Il faut également reconnaître que leur description du vin est tellement convaincante que l’on voudrait se mettre dans la peau des personnages pour le déguster à notre tour. Un peu comme dans Le parfum de Patrick Süskind.
Enfin, je dirais que c’est un grand cru délicieux qui fera forcément parler de lui à l’avenir, et que je recommande de bon cœur à celui qui s’intéresse un tant soit peu au vin.
Carthago
3/08/11
« Depuis l’aube des temps l’homme est fasciné par ce qui se cache dans les profondeurs des océans… La mer est trop grande, trop grande pour l’homme ; même s’il lui consacre sa vie entière, il n’en verra qu’une infime partie et comme dans les jungles terrestres, les réalités de la vie sont plus étonnantes que les fantaisies élaborées par les écrivains de science-fiction. »
Souvenez-vous de la bande dessinée Les geeks que je vous avais présenté au printemps dernier. Aujourd’hui c’est au tour de Carthago, une autre bande dessinée française, de faire l’objet d’un article. Découverte dans mon cher lycée l’an dernier, j’ai immédiatement été absorbé par les deux tomes qui composent la série, le Lagon de Fortuna (2007) et L’abysse Challenger (2009). L’intrigue se déroule de nos jours, alors qu’une océanographe du nom de Kim Melville découvre que des créatures sous-marines monstrueuses hantent toujours les recoins inédits de la mer, alors que l’homme a perdu leurs traces depuis quelques millions d’années.
Carthago est un « thriller écologique », avec un scénario à base de haute technologie et d’enjeux politico-financiers, ainsi que de personnages mystérieux qui maintiennent le rythme soutenu de l’histoire sous la mer comme sur terre : il y a tout pour plaire ! Hélas, j’ai cru comprendre que la série était menacée à cause de difficultés financières que rencontre Les Humanoïdes Associés, l’éditeur et de relations délicates entre Christophe Bec et Eric Henninot, respectivement scénariste et dessinateur. Les choses semblent cependant s’arranger car Carthago Adventures, un spin-off, est paru récemment pour faire patienter les lecteurs jusqu’au tome 3, dont les dessins seront désormais signés par Milan Jovanovic.
La plupart des critiques vont dans le même sens : cet œuvre a un potentiel énorme. Etant du même avis, j’attends de pied ferme la parution du troisième tome annoncé pour 2013, et j’espère qu’il se hissera à la hauteur de ses prédécesseurs qui sont d’une qualité remarquable.
Quand les geeks s’illustrent en bande dessinée
15/03/11
Un geek [gik] est une personne passionnée, voire obsédée, par l’informatique, la science-fiction et l’heroïc fantasy, les jeux de rôles ou les jeux vidéo, voire tout à la fois.
Pour le reconnaître, c’est simple : il porte des T-shirts aux logos étranges, parle un langage bizarre incompréhensible pour le commun des mortels, se nourrit principalement de ce qu’il peut commander sur internet, et préfère passer une soirée à réparer son ordi plutôt que de sortir avec ses amis…
C’est en Juin 2008 que j’ai eu le plaisir de découvrir cette bande-dessinée, que l’on m’avait alors offert (allez savoir pourquoi…). C’est l’œuvre d’une équipe de sept personnes composée du collectif GANG pour la rédaction du scénario, Thomas Labourot pour les dessins et Christian Lerolle pour la colorisation. Elle raconte les aventures d’une bande de geeks de 20 à 35 ans dans des situations de leur vie de tous les jours. Il n’y a pas vraiment d’histoire, chaque gag étant indépendant d’un autre.
Le tome « un clavier AZERTY en vaut deux » , premier du nom, reste mon favori même si ses successeurs ont parfois fait (presque) aussi bien. Au rythme de deux sorties par an, les autres tomes, dont les titres ne doivent rien au hasard, ne se font pas attendre : Dans le doute, reboote !, Si ça rate, formate !, Hacker vaillant rien d’impossible, Les geekettes contre-attaquent, Je ne suis pas un numéro, je suis un tome libre et à paraître, 7 4L8UM 3$T F4I7 p0UR \/0U5.
En bref, cette bande dessinée est une bonne découverte, plaisante à lire dans l’ensemble, même si honnêtement certains gags font juste sourire. C’est un thème original qui est abordé avec beaucoup d’humour, et qui traite plutôt bien des stéréotypes que l’on attribue à tort ou à raison à cette minorité grandissante de passionnés. Il est fort probable que beaucoup de lecteurs, des noobs aux plus geeks d’entre-nous, se retrouvent dans ces planches qui vous ferons sans doute passé un très bon moment. Si vous les avez déjà lues, qu’en pensez-vous ? Vous venez de les découvrir ? Quelles sont vos premières impressions ?









